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Roger-Marc Moreau avait annoncé "un désastre judiciaire". Aujourd’hui, nombre d’observateurs avisés confirment ce point de vue...
PROCES DE VILLIERS-LE-BEL : POURQUOI LA FRANCE A PERDU

dimanche 26 septembre 2010


DERNIER REBONDISSEMENT : Christophe Bénard, le principal témoin à charge du procès des tireurs de Villiers-le-Bel (Val d’Oise), s’est rétracté.

"Mon client a fait un faux témoignage sous la pression du parquet et des policiers, a déclaré, le mercredi 22 septembre dernier, Me Alexandra Hawrylyszyn, son avocate. Je vais déposer plainte contre X la semaine prochaine pour subornation de témoin."


- VOIR CI-DESSOUS L’ARTICLE DE JACK DION PUBLIE DANS L’HEBDOMADAIRE MARIANNE -

- Voir également nos articles des 26 février 2008, 29 juin 2008, 07 juillet 2008, 25 novembre 2008 et 10 mai 2009 intitulés "NOUVEL APPEL A TEMOIN", "AFFAIRE ADAMA KAMARA : LA CONTRE-ENQUETE", "UN INNOCENT DE PLUS DANS LES GEOLES DE LA REPUBLIQUE ?", "A LA RECHERCHE DE LA VERITE" et "ADAMA KAMARA EST DETENU DEPUIS PLUS D’UN AN" -

Procès de Villiers-le-Bel : pourquoi la France a perdu

Jack Dion - Marianne | Mardi 6 Juillet 2010

Brice Hortefeux s’est félicité que les cinq jeunes jugés pour avoir tiré sur des policiers lors des émeutes de 2007 à Villiers-le-Bel aient été condamnés. Mais pour Jack Dion, le ministre de l’Intérieur se trompe : avec ces condamnations sans preuve, la puissance publique a perdu.

A l’issue du procès de Pontoise, où cinq jeunes habitants de Villiers-le-Bel ont été condamnés à des peines de trois à quinze ans de prison pour tentative de meurtre sur des policiers en novembre 2007, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a déclaré : « C’est un signal fort adressé aux délinquants. On ne tire pas impunément sur les forces de sécurité...La puissance publique finit par gagner ».

Hortefeux se trompe : dans cette parodie de justice, la puissance publique a perdu, et les délinquants, lesquels n’étaient pas forcément ceux qui étaient installés dans le box des accusés, ont gagné. En effet, les cinq condamnés ont été déclarés coupables non sur la base de faits établis et de preuves avérées, mais en fonction de témoignages anonymes, recueillis dans des conditions rocambolesques, et d’un seul témoignage à visage découvert pour le moins douteux.

Au terme de deux semaines de procès, il n’en aura pas fallu davantage pour condamner Abderhamane Kamara, 29 ans, à quinze ans de réclusion criminelle, et son demi-frère Adama, du même âge, à douze ans. Ibrahima Sow, 26 ans, en a pris pour neuf ans. Quant à Mara Kanté, 23 ans, et Samuel Lambalamba, 24 ans, ils ont écopé d’une peine plus légère : trois ans.

Au seul énoncé du verdict, le doute s’installe. Car de deux choses l’une : soit les personnes précitées sont réellement coupables d’avoir voulu tuer du flic, et elles méritent la peine maximale ; soit elles sont innocentes et doivent être reconnues comme telles. Le problème, c’est que personne ne peut juger de la véracité des accusations portées à leur encontre. En vertu de quoi, les cinq condamnés ont testé à leur encontre un principe inédit en droit : la présomption de culpabilité.

Rappelons les faits, pour la clarté du propos. Les émeutes ont éclaté fin novembre 2007, lorsque deux adolescents de Villiers-le-Bel, Mushin et Lakamy, ont été tués lors de la collision de leur mini moto avec une voiture de police. Aujourd’hui encore, cette affaire trouble n’est toujours pas élucidée. Le lendemain du drame, un commissaire divisionnaire venu sur place a failli être lynché par une cinquantaine de jeunes déchaînés. Dans la foulée, des policiers ont été tirés comme des lapins. S’il n’y a pas eu mort d’homme, ce jour-là, c’est en grande partie grâce au sang-froid des agents de la force publique, qui se sont gardés de riposter et d’ouvrir le feu.

A l’époque, personne n’a voulu s’interroger sur les raisons d’un tel engrenage, sur les moyens nécessaires pour endiguer la montée des gangs, des caïds, et des dealers protégeant leur territoire. Au contraire, il a été décidé, en haut lieu, de faire de l’affaire de Villiers-le-Bel un symbole de reprise en main musclée et spectaculaire, afin de rassurer des flics légitimement inquiets. La justice a donc été sommée de frapper vite et fort.

Pour fabriquer des « coupables », à défaut de les trouver, la police a lancé des appels à témoin en promettant une rétribution financière, enclenchant ainsi un procédé des plus contestables. En effet, comment peut-on accorder crédit à un témoignage acheté ? Au cours du procès, trois des quatre « témoins sous X » à qui des « récompenses » avaient été promises (sans être jamais versées) ont préféré ne pas venir. Certains ont argué qu’ils avaient eu peur des représailles éventuelles. C’est possible. Pour qui connaît la terreur que font régner les bandes de petits malfrats dans les cités de banlieue, la thèse est parfaitement plausible. Reste que le dossier a sonné le vide tout au long d’un procès marqué par le face à face stérile entre 90 policiers désireux que justice soit faite, et des jeunes condamnés sans début de commencement de preuve.

Le procès de Pontoise fait ainsi le jeu de tous les apprentis sorciers. D’un côté, les (vrais) délinquants vont pouvoir cracher sur la République, les policiers, les magistrats. De l’autre, les ultras de la provoc vont continuer à jeter de l’huile sur le feu, à l’image de l’historien Maurice Rajsfus qui n’hésite pas, sur Rue 89, à établir un parallèle avec les délateurs de Vichy. Au milieu, il y a les banlieusards des quartiers pauvres, soumis à la loi des gangs, abandonnés par une police incapable de rétablir un semblant d’ordre républicain, humiliés à force d’être quotidiennement assimilés à de la « racaille » - des banlieusards qui vont finir par croire qu’aux yeux de l’élite, ils ne sont pas des Français comme les autres.

On voudrait semer les graines de futures émeutes que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

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