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A l’occasion de la diffusion du reportage de l’émission de FRANCE 2 "NON ELUCIDE"
RETOUR SUR L’AFFAIRE CALERS - LEBLANC
CONTRE-ENQUETE - Un homme innocent accusé à tort

lundi 17 février 2014


« La contre-enquête avait anéanti les charges retenues contre Jean-Michel Leblanc accusé d’avoir assassiné son beau-frère, Eric Calers, au moyen d’une carabine de calibre 22 long rifle, un soir de novembre 2001 dans le petit village de Busnes dans le Pas de Calais. »

Après douze années d’un imbroglio judiciaire digne de Kafka, après une contre-enquête de Roger-Marc Moreau prenant l’allure d’un véritable bras de fer avec une institution judiciaire cramponnée à d’indigentes convictions, après une rocambolesque reconstitution privée qui se révélera nettement plus instructive et déterminante que l’officielle... Jean-Michel Leblanc a enfin bénéficié d’un non-lieu pour cette accusation d’assassinat !

L’homme était donc bien innocent, mais consécutivement à toutes ces années de combat et à une mise en détention injustifiée de deux ans, on ne peut que constater que l’ancien mis en cause, sa famille et ses proches ont été littéralement broyés par la superficialité, l’incompétence et l’irresponsabilité de certains enquêteurs et magistrats.

* * * * *

- Voir ci-dessous un article, signé Jean-Michel Decugis, publié dans l’hebdomadaire "Le Point" le 26 février 2004 -

* * * * *

 

Pas-de-Calais : Le meurtre mystérieux de Busnes

 

Les épaules voûtées, les yeux fatigués, ils posent, dignes et silencieux, sur les marches glacées du palais de justice de Béthune (Pas-de-Calais). En cet après-midi de février, les Calers, 75 ans l’un et l’autre, ont bravé le froid pour être au premier rang de la photo, aux côtés de leurs filles et de la centaine de proches venus les soutenir pour célébrer un bien triste anniversaire. Voilà deux ans, jour pour jour, que leur gendre Jean-Michel Leblanc, 53 ans, est en prison, accusé d’avoir assassiné leur fils, Eric, 40 ans. Voilà deux ans qu’ils crient à l’erreur judiciaire. « Le véritable assassin court toujours. Il n’est même pas inquiété, recherché », martèle l’ancien agriculteur, qui fait figure de patriarche. Mi-février, lui et son épouse se sont constitués partie civile. Ils réclament la mise en liberté du meurtrier présumé. Un fait plutôt rare dans les annales judicaires...

L’affaire Leblanc semble enveloppée d’un épais brouillard, presque aussi tenace que celui qui recouvre au petit matin les champs de betteraves de la région de Busnes, où les Calers, Leblanc et Cordonnier, la famille de la veuve, sont agriculteurs depuis plusieurs générations. Il n’y a aucun aveu, pas de mobile, mais une polémique sur l’arme présumée du crime, liée, au départ, à l’erreur d’un expert balistique. De plus, les éléments matériels manquent cruellement. A tel point que la culpabilité ou l’innocence du meurtrier présumé semble uniquement reposer sur des hypothèses. « Le dossier n’est pas facile », dit-on laconiquement au parquet de Béthune. Par quatorze fois déjà, les avocats de Jean-Michel Leblanc ont demandé la mise en liberté de leur client, par quatorze fois la justice a refusé. Depuis son incarcération, le 17 février 2001, le meurtrier présumé bénéficie du soutien presque absolu des siens. Comme si la famille faisait bloc pour ne pas exploser...

Jean-Michel Leblanc a aussi la confiance de son entreprise et d’une partie du village. A Busnes, commune de 1 400 âmes, une pétition en sa faveur a recueilli plus de 300 signatures. Parallèlement, un comité de soutien s’est créé au sein de la société Adecco, où le poste de responsable de recrutement qu’il occupait n’a toujours pas été pourvu. A lui seul le comité de soutien a débloqué plus de 20 000 euros pour assurer la défense de l’ancien délégué syndical et engager un détective. Plus précisément, l’enquêteur Roger-Marc Moreau, à l’origine de la remise en liberté d’Omar Raddad.

Seule Cécile, la veuve de la victime, une petite brune au visage agréable, croit, elle, à la culpabilté de son beau-frère. Elle ne voit d’ailleurs plus ses beaux-parents, qui, du coup, sont privés de la visite de leur petit-fils. « Elle a perdu son mari, nous notre fils. Comment peut-elle croire que nous ne souffrons pas autant qu’elle ? » s’insurge le père Calers, le regard dans le vague.

C’est elle qui a découvert, le 2 novembre 2001, à 21 h 37, son mari agonisant, atteint d’une balle dans le dos, devant chez eux. Ce soir-là, Eric Calers est raccompagné par un collègue de travail de la cristallerie. Sa voiture, une Renault 11 qu’il a mise en vente, est restée devant la maison. L’ouvrier s’aperçoit que les pneus sont à plat. Il salue sa femme et ressort aussitôt pour évaluer les dégâts. Il est abattu. Un meurtre gratuit ? Un guet-apens ? Huit balles ont été tirées, sept dans les roues avant et arrière gauche, une huitième dans le dos de la victime. Personne n’a rien vu, rien entendu, et les douilles ont disparu. Eric Calers est un père de famille sans histoire, un ouvrier sans reproche, qui ne « vivait que pour son fils, son jardin ». A Busnes, personne ne peut y croire. A tel point qu’au début la rumeur dit que le fils Calers est tombé dans un piège tendu à son voisin, un certain Marien, policier « à la ville ».

Relation extraconjugale

Durant quatre mois, l’enquête piétine, et toutes les pistes sont explorées. Mais, progressivement, les gendarmes s’orientent vers le crime familial, convaincus que les familles Calers-Leblanc-Cordonnier réputées sans histoire cachent en fait des secrets. Tout le monde est mis sur écoute. La vie du couple est entièrement mise à nu. Alors que celui-ci est dépeint comme très uni, on apprend que « la Cécile » a au moins entrenu une relation extra-conjugale avec un boucher de Bourecq. Premier coup sur la tête. Ce n’est pas tout. Lors de l’autopsie, des traces d’antidépresseurs sont retrouvées dans le corps d’Eric Calers, pourtant censé vivre le parfait bonheur. Etait-il dépressif ? Suivait-il un traitement ? Personne ne sait ni ne parle. La famille semble ignorer aussi que moins d’un mois avant sa mort l’ouvrier a souscrit, sur sollicitation de sa banque, une assurance-vie pour un montant maximal de 1 million d’euros. En fait, la veuve et son fils ont touché 81 780 euros, soit 531 570 francs.

En février, les gendarmes percent un autre secret. Ils apprennent que le beau-frère de la victime, Jean-Michel Leblanc, détient une carabine 22 long rifle. Or celui-ci a toujours déclaré ne pas en posséder. On évoque un différend entre les deux hommes à propos d’un héritage concernant une pâture. Mais le mobile demeure très flou. Eric Calers et Jean-Michel Leblanc se côtoyaient, même s’ils n’avaient pas de grandes affinités. « Ils avaient douze ans d’écart et des caractères différents », confie un proche. Eric est discret et timide, Jean-Michel, sarcastique et grande gueule. « On a très peu d’explications sur le pourquoi du meurtre », reconnaît le parquet de Béthune.

Jean-Michel Leblanc possède un alibi : à l’heure du crime, il regardait la télévision en pyjama dans son salon. Son fils et un ami se trouvaient dans le bureau, la porte entrouverte, jouant sur l’ordinateur. Sa fille était dans sa chambre, à l’étage, en train de regarder la télévision. Mais les enquêteurs sont convaincus que Jean-Michel Leblanc a pu sortir de la maison sans que personne le voie ni l’entende, puis se rendre à pied chez son beau-frère, à environ 750 mètres. Là, devant la maison, il aurait tiré, à découvert, huit coups de feu avec sa carabine monocoup, sans qu’aucun voisin entende rien, sans même qu’un chien aboie. Plus surprenant. Il aurait apporté avec lui un drap qu’il aurait étendu avant de tirer, puis qu’il aurait replié pour récupérer les douilles éjectées.

Reste le problème de l’arme. Avant l’arrestation de Jean-Michel Leblanc, les gendarmes pensaient que l’arme du crime était une 22 long rifle automatique ou semi-automatique dotée d’un silencieux. Mais, le 15 février 2002, ils trouvent à son domicile un fusil de chasse et une carabine 22 long rifle, monocoup. Celui-ci s’explique : « Je détenais ces armes sans permis, j’ai préféré me taire par peur des conséquences. » Il reconnaît aussi avoir demandé à son épouse et à son fils de faire de même.

Erreur d’expertise

Le 17 février 2002, devant le juge, Jean-Michel Leblanc ne fait aucun aveu. « Je n’envisage même pas en pensée de pouvoir tirer sur quelqu’un », affirme-t-il. Mais l’expert en balistique, lui, est formel : la carabine retrouvée chez lui est l’arme du crime. Jean-Michel Leblanc est mis en examen pour « meurtre avec préméditation » et aussitôt incarcéré à la prison de Béthune.

Ses avocats demandent alors une contre-expertise. Les résultats tombent cinq mois plus tard. Stupeur. Ce n’est plus l’arme du crime. Demande de mise en liberté. Refus de la justice, qui ordonne une troisième expertise. Outre ses mensonges, la justice reproche à Jean-Michel Leblanc des contradictions dans son emploi du temps et un « comportement étrange ». Des détails. Dans les familles Leblanc et Calers, on ne comprend pas ces atermoiements de la justice. Elisabeth, la soeur du prévenu, la colère dans les yeux, se souvient : « La justice tenait un coupable, elle n’a pas voulu faire machine arrière. » Acharnement judiciaire ? « Toutes les investigations demandées par la défense ont été mises en oeuvre mais elles n’ont jamais rien amené », répond le parquet de Béthune.

Le 17 décembre 2002, la troisième expertise confirme la précédente, mais en même temps un nouveau rapport tombe, relatif à des fragments d’arme retrouvés dans la poubelle de l’atelier de Jean-Michel Leblanc et mis sous scellés dix mois plus tôt. Des débris d’une autre carabine 22 long rifle qui peuvent, selon les experts, correspondre à l’arme du crime. Une fois encore, Jean-Michel Leblanc a menti. Il explique cette fois qu’il a volé cette arme à un ami gendarme durant un déménagement, il y a environ douze ans. « Je n’étais pas fier des conditions dans lesquelles j’avais récupéré l’arme », dit-il pour expliquer son silence. Le démontage de la carabine se situe entre le 15 janvier et le 1er février 2002. « Un meurtrier ne laisse pas les morceaux de l’arme du crime dans sa poubelle, il s’en débarrasse », martèle Me Martine Malinbaum, l’avocate parisienne de Jean-Michel Leblanc.

Néanmoins, la majeure partie de la carabine a disparu, à commencer par le canon et la quasi-totalité de la crosse. Machiavélisme ? « Jean-Michel Leblanc a réussi le crime presque parfait, affirme Alexandre Brunet, l’avocat de Cécile Calers, l’épouse de la victime. La destruction des armes relève chez lui d’une stratégie. Il a appâté les enquêteurs avec la première carabine, en sachant que les expertises montreraient qu’elle n’était pas l’arme du crime. Pas de chance, on a trouvé ces débris. »

Témoignages récusés

Cependant, il existe des gros doutes sur l’état de fonctionnement de la carabine découpée. Le 11 septembre dernier, sur commission rogatoire, l’ancien propriétaire de l’arme, Régis Dumont, 51 ans, ex-gendarme en invalidité, a affirmé qu’il était impossible que cette carabine soit celle du crime. « On ne pouvait pas entrer de balle 22 long rifle dans la culasse », dit-il. Polémique. La justice conteste son témoignage. L’ex-militaire fait partie du comité de soutien à Jean-Michel Leblanc. Par ailleurs, sept mois plus tôt, le 2 février 2003, l’ancien propriétaire de l’engin a omis de mentionner ce détail aux gendarmes venus l’interroger. « J’avais des troubles de mémoire à cause d’un traitement antidouleur », explique-t-il. Problème : dans les deux dossiers médicaux du patient, on ne trouve aucune mention relative à ces troubles de mémoire.

Le 11 septembre, son fils François, 27 ans, chauffeur routier international, a donné la même version sur le mauvais fonctionnement de l’arme. Mais, là encore, la justice ne considère pas le témoin fiable. « Depuis l’âge de 16 ans, d’après sa soeur, il s’est adonné aux produits stupéfiants (héroïne, cocaïne) », note un procès-verbal de synthèse de la commission rogatoire. Faux témoignage ou mauvaise foi de la justice, qui ne veut pas reconnaître son erreur ? Le mystère dans l’affaire Leblanc demeure entier.

Jean-Michel Décugis

(c) le point 26/02/04 -


NON ELUCIDE
Roger-Marc Moreau
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