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COMME ANNONCE DE LONGUE DATE : LE PROCES DE VILLIERS-LE-BEL SE TRANSFORME EN UN VERITABLE DESASTRE JUDICIAIRE !

dimanche 16 octobre 2011


Adama Kamara est évidemment innocent.

Avec ses compagnons d’infortune, après quarante-cinq mois de détention arbitraire, il voit, au fil des audiences, le procès se déliter complètement, les fausses accusations, montées par un parquet et des policiers tous plus irresponsables les uns que les autres, s’écrouler avec fracas... le tout risquant de provoquer un nouveau séisme judiciaire !

Car, derrière ces accusations ubuesques, se révèle une véritable conspiration politico-judiciaire, destinée à donner une leçon aux jeunes des banlieues qui avaient, selon certains, osé défier l’ordre établi et la puissance de l’Etat au lendemain de l’élection d’un président de la République qui voulait se faire le chantre « du tout sécuritaire ».

- Voir ci-dessous : « L’accusation dans les cordes après une journée à sens unique » un article signé du journaliste Gino Delmas, publié le 14 octobre 2011 sur le site des Inrocks -

- Voir également nos articles des 26 février 2008, 29 juin 2008, 07 juillet 2008, 25 novembre 2008 10 mai 2009 et 26 septembre 2010, intitulés : "NOUVEL APPEL A TEMOIN", "AFFAIRE ADAMA KAMARA : LA CONTRE-ENQUETE", "UN INNOCENT DE PLUS DANS LES GEOLES DE LA REPUBLIQUE ?", "A LA RECHERCHE DE LA VERITE", "ADAMA KAMARA EST DETENU DEPUIS PLUS D’UN AN" ET "PROCES DE VILLIERS-LE-BEL : POURQUOI LA FRANCE A PERDU" -

Article publié le 14 octobre 2011 sur le site des Inrocks :

Villiers-le-Bel, le procès en appel

L’accusation dans les cordes après une journée à sens unique

Ce jeudi, la cour d’assises se penche sur le rôle d’Adama Kamara lors des émeutes de 2007. Le cas de cet ancien médiateur au service de la mairie, reconverti dans la sécurité, est celui qui suscite le plus de discussions. Les témoins en sa faveur se succèdent : deux médiateurs et Ali Soumaré, cadre du PS local et figure du quartier. Ils sont formels : ils n’imaginent pas Adama tirer sur des policiers le soir, vu l’énergie qu’il a mise en œuvre la journée pour calmer les ardeurs des plus virulents.

La défense place ses pions

Me Konitz, son avocat, enfonce le clou. « Etait-il possible d’imprimer une direction à ces mouvements de foule ? » « Non, c’était un véritable feu de brousse, on était réduits au rang d’observateurs », déclare un médiateur. « Ce soir là, je n’ai pas reconnu Villiers-le-Bel », ajoute Ali Soumaré, avant d’ajouter : « dire que quelqu’un tient le quartier de la ZAC, c’est un fantasme ».

A la question de savoir quelle tranche d’âge pose le plus de problème dans le quartier aujourd’hui, les trois témoins évoquent tantôt « les plus jeunes », tantôt « les 15-18 ans ». Adama Kamara a 32 ans, sa réputation est dite « sur le déclin », comme ce dernier l’évoquait quelques heures plus tôt : « les jeunes ne respectent plus rien, alors qu’à mon époque on l’avait, le respect ».

L’avocat décoche sa dernière flèche : « Pensez vous que M. Kamara ait suscité des inimités, de par son engagement en politique aux côtés de Mme Noachovitch (candidate UMP à la mairie de Villiers-le-Bel), ou à la suite de disputes, de bagarres ? » Réponse affirmative des trois témoins. « S’est-il beaucoup battu ? », relance l’avocat. « Des centaines de fois, répond Jean-Gilles, son ami d’enfance, « même avec moi ! ». La salle pouffe. La défense apporte un début de réponse à une question en suspens depuis le début du procès : « Pourquoi Adama Kamara et son frère reviennent toujours dans les noms cités par les témoins ? ».

Un témoin embarrassant pour l’accusation

Alors qu’un autre médiateur de la mairie est attendu à la barre, le calendrier est bouleversé : le témoin suivant, David Ruelle, « s’impatiente ». L’homme qui pénètre dans la salle en impose : 1m90, près de 140 kilos, cet ancien boxeur se campe devant les jurés la mine renfrognée. Témoin « surprise » du procureur en première instance, il assure avoir recueilli les confidences d’Adama Kamara à Fleury-Merogis (« j’ai fumé un flic »), et s’être décidé à en parler à la justice après avoir reçu des menaces de la part de l’intéressé.

« Pourquoi s’est-il confié à vous en particulier ? » interroge le président Getti. « Je pense que j’ai été victime de mon charisme », lâche très sérieusement celui qui était en prison pour agression sexuelle sur mineur. Certains détails de son témoignage posent problème : il évoque notamment un test de poudre (positif) que la police aurait effectué sur les mains d’Adama Kamara et un traquenard tendu à une voiture de police, qui ne figurent pas dans le dossier.

Ce témoin est une aubaine pour les trois avocats des frères Kamara, qui se penchent sur ses tendances mythomanes. Ils rappellent qu’il a tour à tour raconté, au fil de ses auditions, avoir assuré la sécurité de Nicolas Sarkozy, avoir travaillé à l’ambassade des Nations Unies à Genève et avoir un temps appartenu au RAID.

Le ton monte de plusieurs crans lorsque la défense exhume une correspondance vieille de quelques mois, où le témoin propose de dédouaner Adama Kamara. Furieux, David Ruelle traite les avocats de « guignols » et de « mythos », avant de tourner les talons. Même l’accusation semble trouver ce témoin gênant et a hâte que l’on en finisse. Une courte suspension de séance fera retrouver son calme au témoin, mais pas sa crédibilité, envolée depuis la première instance semble-t-il.

« J’ai tout inventé de A à Z »

Christopher Bénard était le témoin-clé du premier procès, la condamnation des cinq accusés reposant en grande partie sur son témoignage. Il a affirmé avoir croisé la route de Maka Kanté et Adama Kamara lors d’une audience à la cour d’appel de Versailles. Il aurait entendu des discussions entre eux prouvant leur implication dans les « événements » de Villiers-le-Bel.

Il s’est depuis rétracté, arguant de menaces exercées par des proches des accusés. Présenté comme extrêmement fragile et instable par les experts psychologues et psychiatres les premiers jours du procès en appel, il paraît nerveux.

Les mots se bousculent dans sa bouche pour expliquer ce brusque revirement de situation : « Ce sont les policiers de la DRPJ de Versailles qui m’ont manipulé. Avec la substitut du procureur, ils m’ont indiqué ce que je devais raconter et m’ont promis que je pourrais récupérer mon permis. J’avais 19 ans à l’époque, je n’ai pas réalisé, j’ai tout inventé de A à Z (...) Je veux m’excuser auprès des deux accusés. » Le président s’agace.

Trois ans pour rien

Maka Kanté est invité à s’exprimer sur le témoignage de Christopher. Il semble bouillir pour la première fois de ce procès : « Je suis énervé, il raconte n’importe quoi mais nous on est au fond du trou (...) Ma version n’a pas bougé au cours de toutes mes gardes à vue, et là je balancerais un truc comme ça au premier mec venu, c’est de la connerie ! » Puis directement au témoin : « J’ai fait trois ans pour rien à cause de tes conneries (...) tout ce que je peux t’attribuer, c’est que tu es malade ! »

Toute la journée, le camp de l’accusation a brillé par sa discrétion, encaissant les coups. Les parties civiles et le parquet semblaient dans les cordes, en fin de journée, ayant hâte que l’on passe à autres chose.

Une impression étrange et ambivalente prédomine : le sentiment que la justice est en train de réparer une partie de ses erreurs et que l’on se dirige vers un allègement des peines prononcées en première instance, voir l’acquittement pour certains. Impossible à l’inverse de réprimer la désagréable sensation que les laissés-pour-comptes de ce procès en appel seront les parties civiles, victimes tour à tour de l’impréparation de l’intervention à Villiers-le-Bel, de la précipitation de l’enquête, des approximations de l’instruction et du procès de première instance.

© Copyright Les Inrocks 2011

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